2017, novembre

C’était tout à l’heure que j’avais envie d’écrire. J’attends cet appareil qui permettra de tirer les mots directement de l’intérieur de mon crâne, comme les fils de souvenirs qu’on met dans une pensine. Je patauge, quel marasme. Renoncer à la prétention de tout comprendre. Renoncer à l’idée que tout puisse avoir un sens, ou du moins, de pouvoir donner un sens à toute chose. Peur, peur devant l’impuissance finale de mon intellect, les frontières infranchissables et mes propres incapacités. J’ai été renvoyée à mes limites – ou à leur absence, je ne sais plus ce qu’il faudrait dire, tout est confus – avec une violence que je ne pouvais imaginer. Comment accepter que je ne suis “que ça”, comment accepter que je peux faire de mon mieux sans pour autant réussir à atteindre l’idéal. Lourdeur de la tristesse qui incite le corps à se rouler en boule. Je souhaite hiberner. Pas de nouvelles rencontres jusqu’au printemps, s’il-vous-plaît, j’ai bien assez à faire, bien assez à affronter. Affronter. J’aimerai pourtant pouvoir choisir autre chose que la posture défensive du combat, un autre rapport au monde, moins de peur, m’échapper de l’adolescente que je n’arrive pas à cesser d’être et pour qui les adultes sont au pire des menaces, au mieux des déceptions. Je ne sais pas comment faire, j’ai envie de ruer dans mon cerveau, de provoquer un branle-bas, allez, on réorganise tout là dedans, on change de structure, et plus vite que ça !

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