L’île à l’amer

Je m’en vais vomir tout c’que j’ai,
Oui, me vider jusqu’à la bile,
Celle que tu n’te fais pas, Lille.
Est-ce depuis qu’t’es devenu vegan
Que tu refuses de voir le laid ?

Je suis peut-être plus ton amie, mais toi c’est sûr, t’es d’ma famille,
Je sais vous r’connaître entre mille, il n’y a qu’vous que j’ai tant haï.
T’as d’la chance que j’sois pas Arya, j’t’aurais ajouté sur ma liste ;
Je suis plutôt Da-haine-Eris,
Et le dragon de la discorde n’est pas près de perdre ta piste :
Chaque fois que je parle de toi, surgit l’envie de tout crâmer.
Si vraiment tu voulais la paix, fallait peut-être te décentrer,
Tu sais, t’étais un second rôle, t’avais pas à prendre le premier
Et c’est gênant qu’autour de toi cette histoire tu l’aies fait tourner.
Tu crois que je surjoue ma haine ? Mon vieux c’est le genre qui veut ça,
Mais quand elle coule dans mes veines, tu l’sentirais, t’aurais les foies.

Est-ce à vivre que tu apprends, ou comme tu le dis, à mourir ?
J’crois qu’c’est plutôt l’évitement que tu perfectionnes pour le pire.
Bonne chance avec tes utopies, ça doit être dur de construire
sans savoir faire face aux conflits. T’as trouvé comment t’en sortir,
Tu t’spécialises dans le jetable pour pouvoir t’enfuir à l’envie.
C’est pas comme le lierre et la vigne, ça dure plus qu’une journée la vie,
On n’existe pas qu’au printemps, faut supporter l’hiver aussi.
Moi mes utopies sont intimes,
Mais de ton côté, final’ment, ça me semble juste du marketing

Tu ressembles de moins en moins à un révolutionnaire
et de plus en plus à un entrepreneur.
Tes îles ont des airs de start-up.
Attirer les investisseurs
pour un démarrage d’enfer,
Le love bombing ça tu sais faire,
mais tu tiens pas sur la longueur.
Est-ce que tu tiens par contre le compte
des promesses que t’as pas tenues,
De tes élans interrompus,
Des lettres restées aussi mortes
que ton discours sur la tribu ?

« Causez le moins d’souffrance possible »
C’est pour moi devn’u inaudible.
Dans les histoires que tu racontes
La souffrance que tu as causée
Semble une absente que n’affronte
Pas ce mantra ressuscité.
C’est toi qui a besoin d’l’entendre
Et pas l’univers en entier.
Tu ferais mieux de la fermer
Au lieu de sans cesse jouer le tendre
Car ta douceur sert à masquer
Ta violence, ta peur et ta honte.
Tu me diras que c’est ok
Car tu n’prétends pas être « safe »
Mais tu sais, dire : « je suis dang(e)reux »
Quand tu fais tout pour pas l’paraître,
Ça ne t’évite pas de l’être
– beaucoup sont marqué·e·s de ton feu.
Tu veux jouer au « bon agresseur » ?
C’est aussi malsain que risqué
et si j’évalue tes progrès
je n’te trouve pas à la hauteur : 
nous ne fêt’rons pas ton succès.
Si je décris ce que je vois,
C’est une personne inconséquente,
Responsable affectivement
Autant qu’en emporte le vent.
Sache que quand j’vois comment tu gères  
je note chacune de tes actions
sur la liste des choses à pas faire.
Tu veux agir comme un bourreau
mais être traité en victime
car c’est ainsi que tu t’estimes ;
On dirait bien que dramaking
est un rôle qui t’colle à la peau
– Ou ptet roi des doubles standards,
J’avoue que là, je sais plus trop.

Tu n’me trouves pas compréhensive ?
Haha, pardon, tu t’es r’gardé !?
J’ai l’impression d’plus en plus vive
qu’tu parles d’honnêt’té radicale tout en évitant tes reflets,
et qui est un trop noir miroir tu préfères t’en détacher.
Tu crois avoir fini Saturne ? Tu ferais bien d’recommencer.
Il y a quelques menus détails qu’il me semble pas qu’taies intégrés.
Tes monstres c’est toi qui les crées via ta vision du monde pétée,
Quand tu cess’ras de craindre ton ombre, peut-être qu’on pourra en r’parler.
Ne redoute pas c’que fera Oz,
Vois-tu, son mal est déjà fait.
Moi j’ai plus peur d’être La Méchante™, de toute façon j’ai pas le choix
T’as choisi l’camp de ton schéma, je serai donc celle qui te hante.
Pourrais-je un jour te remercier d’m’avoir donné l’rôle de ma vie ?
Vraiment, tu m’as ouvert les yeux, j’en ai endossé les habits,
Puisque je suis impardonnable, qu’mes efforts n’ont servi à rien,
J’ai plus qu’à m’en laver les mains : tu es mon origin story.

Ça y est c’est fait, j’ai tout vomi !

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