Je me sens air-feu aujourd’hui,
je crois que ton feu m’a nourrie
Le souffle brûlant dont tu joues
ravive le brasier qu’est mon cou
pimenté de tes belles morsures.
Comme elles me donnent fière allure !
Ta voix feutrée dans mon oreille,
ah, que je feule sans pareil
quand de mon subspace je m’éveille
je rêvais d’un collier de feu
qu’on ne m’aurait donné bien sûr
qu’après une lancinante torture
qui aurait duré très longtemps
faite de fessées de griffures
et autres dangereuses fioritures
qui me rappelleront mon tourment
quand, loin, ton feu est mon absent.

Laisse-moi te donner de l’air
Brise ou tempête, ce que tu souhaites
Je sais être si calme, jusqu’à paraître
Disparaître
Laisse-moi te donner de l’air
Joueuse, je virevolte
t’échappe quand tu crois me saisir
Quand tu m’oublies tu me respires
Mon odeur pas si volatile
Incrustée dans tes narines
Au jeu du chat et de la souris, je serais l’oiseau
Curiosité infinie
et possession éphémère
Laisse moi te donner de l’air
Pour alimenter, perpétuel,
Le mouvement du désir.