Complainte des enfants perdus

on aurait pu faire de grandes choses ensemble
au lieu de nous consoler d’être
mais pour faire de grandes choses il faut de grandes personnes
personnes que nous ne serons jamais
nous ne serons jamais personne
car personne n’a voulu de nous

enfants apeurés
idée de révolte adolescente abandonnée
grandir n’est pas une option
on fuit la confrontation
on préfère s’oublier
dans la douce danse de nos histoires préférées
viens, on dirait qu’on échappe à la tyrannie de la réalité
qu’on serait dans un endroit où tout ce qu’on créé devient vrai
notre pays imaginaire
n’est-ce pas mieux qu’un père et une mère
notre terre d’accueil un foyer
ici on est bien protégés
ici demain est comme hier et pourtant toujours différent
s’il n’y avait le crocodile on pourrait oublier le temps

Comment rester au pays
quand malgré nous on a grandit
quand on ne voit plus vraiment une maman en Wendy
on a perdu cette ignorance cette innocence
plus le droit désormais à ces contes sans nuances
Quand on regarde à travers les yeux des grandes personnes
et leurs savoirs figés
le pays imaginaire n’est plus drôle du tout
la menace est partout
y compris chez les fées
D’autres enfants viendront nous remplacer,
le dernier refuge est tombé :
on ne peut plus croire que Peter vaille mieux que Capitaine Crochet

nous qui n’avons réussi
ni à rester enfant
ni à devenir de grandes personnes
on se sent insignifiant comme personne
noyés dans le vide de nos intérieurs
qui a englouti nos fragiles radeaux
ohé du bateau ! Qui viendra nous repêcher,
nous les adultes empêchés
qui nous noyons dans un verre d’eau
ohé ! Nous sommes inadaptés
et nous tenons à l’être.
Qu’avons-nous comme avenir ?
Nous jeter par la fenêtre
en rêvant d’être sauvés
par la poudre de Clochette.

2017, septembre

On m’a écrit un jour dans un poème que je portais la responsabilité de la joie. Une autre personne, un autre jour, m’a asséné par mail que je faisais partie de ces gens qui peuvent changer le monde. On m’a aussi dit que j’avais en moi quelque chose de précieux. Selon les jours, ces phrases m’écrasent ou me tirent vers le haut. J’ai parfois envie d’abandonner, de dire : “vous êtes folles et fous, vous vous trompez, c’est trop lourd, trop dur, je ne sais rien faire de mes dix doigts, je n’ose pas, pas l’énergie pour construire quoi que ce soit”. D’autres fois, je suis le tourbillon de tous les possibles, j’ai envie de tout faire et de tout être. La dépression et sa prévalence dans mon entourage me questionne de plus en plus. Je vais faire ce que je fais de mieux : lire sur le sujet, écrire, peut-être, et serrer mes ami.e.s dans mes bras chaque fois qu’ielles m’en donneront l’occasion. Je recommence doucement à fumer à peine plus que je ne le souhaiterais, tant pis, à chaque moment sa peine, je fais les efforts que je peux, ils sont mouvants : la quantité de cuillères est limitée. J’aurais envie de pouvoir prendre un peu de la souffrance des gens pour les alléger, mais je n’accepterai pas moi-même de donner de la mienne si je le pouvais. Quand il est question de bricolage, je me sens bête, désemparée, presque paralysée. Je suis écartelée entre mon envie d’être efficace et productive et ma critique de l’obligation à l’efficacité et à la productivité. J’ai récemment fait l’expérience, grâce au GN, d’un sentiment de légitimité à exister qui ne souffrait pas de remise en question. Ces vacances m’ont apporté un visage de bronze et plus de magie que je ne l’avais rêvé. La magie, c’est simplement s’accorder un supplément de sens. Quelle incroyable récolte d’identités plurielles. J’ai donné et reçu. Les traces éphémères de la transe sur nos corps me resteront longtemps en mémoire. Quel soulagement que la compréhension. Je sais désormais comment je change le monde.

Je suis speed. La vitesse coule dans mes veines, je suis passée en mode hautement fonctionnelle. Une fois la motivation trouvée, abattre le plus de travail le plus vite possible. Listes, minuscules inscriptions avec alignement de cases à cocher. Tac, tac, tac, une croix et puis une autre. J’ai ma liste d’objectifs, me voilà en mode gamiste, il s’agit d’en faire le plus possible, profiter de l’énergie du moment dans la peur de son absence prochaine, maximiser le rendement, la machine s’emballe, remplir des papiers, aller à la poste, allez, allez, toutes les tâches sur le même plan, courses et écriture, allez, allez, peut-être qu’un jour, il n’y aura plus de petites croix à cocher, allez, allez, peut-être qu’un jour la Tranquillité sera à ta portée. Conscience de l’illusion, puisque c’est moi qui décide du nombre de cases à cocher sur ces post-its, mais je n’arrive pas à ralentir le mouvement interne. Épuisée mais pressée, sans doute stressée. J’ai envie de taper un sprint, de soulever mes haltères jusqu’à m’effondrer, d’être très musclée là tout de suite maintenant, quel supplice que l’attente, je voudrais la certitude de ma force et je ne suis pas patiente ! Rappel somatique à défaut d’autre chose, tendinite au poignet qui point, il est temps d’être raisonnable et de se couler une douce fin d’après-midi enveloppée de fumée.

Après des années de frustration, j’ai finalement appris à voler en rêve. Je suis une sorcière désormais. Ma bulle d’énergie protectrice est fonctionnelle. Je ne m’attendais cependant pas à ce qu’elle soit rose. Être une chenille n’est pas une contrainte, quand le pouvoir de métamorphose est infini. Je me suis faite oiseau de mer, papillon et dauphin. La roquette sauvage m’inspire beaucoup de tendresse. Je me demande si souvent, la tension que je ressens n’est pas au final de la simple tension sexuelle camouflée (j’avais écris textuelle). J’oublie de respirer dès que les émotions deviennent un peu trop fortes. Je devrais penser plus souvent à l’auto-hypnose pour me dénouer. J’ai renforcé les mots magiques.

Les enfants de septembre

nous sommes les enfants de septembre
qui contestent la fin de l’été
continuons à nous amuser
nous n’avons pas de comptes à rendre
l’automne n’a rien à nous apprendre
il n’y aura pas de rentrée
refusons d’en être l’antichambre
pour nous ni cartables ni dictées
au bureau pas pieds et poings liés
le monde est notre cour de récré
personne pour interdire l’accès
comptons nos membres :
tou·te·s ont la clef !
une clef qui est dans la tête
et ouvre sur tous les jours de fête
où il nous plaira d’aller jouer
Dans une cabane de couette
à nous les batailles d’oreiller
en riposte même novembre
ne saurait sonner la défaite
car nous portons en nous l’été

Aux étoiles qui s’ignorent

J’ai essayé d’écrire à la deuxième personne du singulier
Devinez quoi ? C’était raté.
Petit rappel de mon sujet ? Ah, oui : assumer.

par peur d’affronter le monde je me suis longtemps planquée
terrifiée à la simple idée de me tenir sur mes deux pieds
je ne me savais pas étoile, je me croyais plutôt poussière
et j’me suis cherchée un soleil pour me nourrir de sa lumière
J’espérais que par ricochet, moi j’profiterais des rayons
à défaut de briller soi-même, y a la magie d’la réfraction
je pouvais me faire transparente : parfait milieu d’propagation
le plan optimal pour grandir sous protection

juqu’à aviser un résultat à des années-lumières
l’hiver venu j’me suis retrouvée dans son ombre
ma cachette confortable dev’nue une prison sombre
quand un soleil se révèle lampadaire
parent-ogre plutôt que mère nourricière
on en voit plus clairement les effets délétères
bénéfices éphémères, manque de vitamine D,
un bien-être précaire, une estime lézardée
un bouclier qui contraint plus qu’il ne protège
bouclée, liée, j’avais été mauvaise stratège
attraction du néon
pour insectes éblouis
élisant comme des cons
une lumière qui leur nuit
je ne me suis pas cramée les ailes :
je ne savais pas encore voler
j’ai tant lutté pour retrouver mon orbite
refuser l’attraction qui dans ma chair était inscrite
les soleils-imposteurs n’aiment pas trop qu’on les quitte
je n’aimais pas trop me sentir écrasée : on est quitte

il a m’a fallu faire du chemin
pas tout à fait dans le noir mais
sous le clair-obscur des espaces de passages
accepter qu’on ne me tienne plus par la main
apprendre à demander
apprendre à reconnaître ce que je voulais
y compris être citée, reconnue, regardée

j’ai conspué chez les autres, ce besoin de reconnaissance
qui étais là dans mon ventre sans pouvoir prendre naissance
il est temps de faire face à la boite noire, ma part d’ombre rejetée :
on ne change que ce qu’on a commencé par accepter

le droit d’exister, ça ne se demande pas
personne d’autre que moi pour m’ouvrir la voie
je suis mon centre de gravité
j’émet ma propre lumière
il y a de quoi être fière
je peux marcher sans tomber

les étoiles brillent dans les yeux de celleux qui les regardent
alors j’accepte d’être regardée, me voilà, monde, prend garde

Serpent

J’accepte le serpent que tu m’as empêchée d’être
Je remonte le temps, ça va être ta fête,
tu m’as voulue méchante, bien, laisse-moi te prouver
à quel point tu dis vrai, je vais me dé-chaîner

oui je suis le serpent élevé en ton sein
celle qui mord la bonne âme qui lui tendait la main
tu n’as pas su trier de l’ivraie, le bon grain
mais tu m’as tout appris, c’était pas très malin
la douceur des filles sages, je sais n’est bonne à rien
désormais, agressée, je répand mon venin
pour te paralyser, toi et les tiens

t’as plus le monopole de l’agressivité
ce que tu craignais tant, le voilà arrivé
imagine qu’enserrée tu es devenue ma proie
sens-tu, toi aussi, la crainte de faire un faux pas ?
Je m’en vais t’étouffer comme tu l’as fait avec moi.
Pas de privilégié au royaume des couleuvres
je me la coule douce et t’es que le hors d’oeuvre
avant de t’avaler, tête la première
laisse-moi te rassurer : je boufferai aussi mon père
toi qui avais la preuve que je ne t’avais jamais aimée
sache que t’as pas bon goût et que t’es longue à digérer

ce n’est que post-mortem que j’me risque aux remerciements,
j’aurais crains que tu le prennes comme un assentiment
alors que pour ta tombe, c’est surtout du ciment

j’ai essayé d’être parfaite, pendant dix ans, pour t’donner tort
ne jamais être menaçante, montrer que c’est pas moi le plus fort
j’avais peur de faire mal maintenant je sais que je le peux
mais je choisis de n’pas le faire parce que je crois que c’est le mieux
t’as posé des fondations douteuses pour mon éthique
aujourd’hui libre de toi, je les accepte pour ce qu’elles sont
je leur laisse les obligations, ne choisis que la dynamique

dorénavant je prendrais soin des gens
tout en m’autorisant
la possibilité du devenir-serpent

Désolée de m’être comportée comme une folle quand tu me traitais comme de la merde

Inspiré du titre d’un article en anglais dont mon titre est la traduction littérale.

Désolée, j’ai mis longtemps à apprendre à bien me comporter
Pour faire des excuses correctes et dans les temps, personne
alors que pour la ramener, j’en ai honte, j’étais une vraie championne
Heureusement, je vais pouvoir me racheter, maintenant que je suis bien dressée

Désolée d’avoir insisté quand tu m’as dit que tu ne voulais pas que j’aille à cette soirée
à celle-là non plus, et que mon intérêt pour celle-ci était suspect
il y en avait d’autres c’est vrai, et puis c’est gentil, tu t’inquiétais avant tout pour ma sécurité.
Pardon de ne pas avoir voulu t’accompagner regarder le foot chez tes amis
Quelle bêtise d’avoir oublié que je devais faire passer mes intérêts après tes envies !
Non, je fais preuve de mauvaise foi, c’est du ciment du couple dont il s’agit
– le nécessaire compromis,
j’avais pourtant naïvement cru que c’était moi, qui m’étais adaptée à ta vie.

Quelle erreur ce jour-là !
de ne pas t’avoir immédiatement parlé de ce problème que tu aurais bien mieux géré que moi
comme tout le reste d’ailleurs
– nulle part à la hauteur
Pardon pour ma communication maladroite
je suis désolée de m’être laissée paralysée au fil du temps par la peur que j’avais de toi,
c’était pas sympa
Je suis vraiment désolée pour toutes ces fois où je t’ai agressé de mes larmes
qui te laissaient penser que t’étais un monstre, alors que t’as fait tant d’efforts avec moi,
j’ai manqué de gratitude je crois.
Pardon d’avoir parfois monté le ton quand j’étais en colère
et d’avoir posé des questions quand je n’étais pas d’accord avec ta façon de faire
j’aurais pas dû te forcer à te justifier, et simplement me taire,
c’était révoltant ce manque de confiance
alors que par rapport à moi, tu avais tellement d’eXpérience !

Je me sens bête de pas avoir compris à quel point t’avais raison
dans un couple les disputes c’est banal, c’est la passion
Je me souviens de cette fois où j’ai cherché du soutien en parlant de ta dépression
heureusement que tu as su me faire entendre raison : y a que le silence comme option
J’avais risqué l’impardonnable : te donner en pâtures aux commérages, abimer ta réputation
comme cette fois où j’avais osé vouloir parler en non-mixité de mes difficultés à orgasmer,
un manque de considération pour toi qui fait halluciner.
Pareil, je me dégoute quand je repense que je suis allée discuter avec mes copines en soirée
alors que c’était un énorme manque de respect, ça t’excluait :
j’aurais du rester sagement à tes côtés, t’écouter parler et animer, t’étais si doué.

Pardon de t’avoir imposé tous ces moments où j’allais mal sans trop savoir pourquoi
Heureusement que t’avais la solution, je manquais de sexe, voilà !
Pardon d’avoir balbutié que ce film m’avait donné envie de mourir
C’était violent pour toi et surtout, on ne dit pas ça pour rire,
pardon, c’était pas de ton ressort, tu pouvais plus prendre soin de moi
je comprends que plus tard t’aies eu besoin de me dire
que tu ne pensais pas qu’il était possible que j’aille mieux sans toi
mais tu me le souhaitais quand même, parce que t’es un gentil, un vrai roi.

sans titre

ne me donne pas de terre
je n’veux pas m’enraciner
à tes côtés

ne me donne pas de terre
je ne saurais quoi en faire
ni comment m’en dépêtrer

ne me donne pas de terre
pas de fausse stabilité
l’illusion d’être arrivée
que tes tremblements de terre
finiraient par dévoiler
me laissant comme un fruit vert
rêvant sa maturité

ne me donne pas de terre
je suis bien trop occupée
à chercher

celle de mon corps vivant
celle qui pulse à chaque instant
quand je suis ce que je sens

la promesse à mon doigt
la seule qui sera ma loi
c’est à moi que je suis fidèle

mon existence,
c’est à moi d’en porter le poids
acte de foi,
je me fais confiance

île volante,
terre mobile
je serais mon propre foyer
l’endroit où toujours retourner
ma terre d’accueil

2017, juin

Je ris, souris, m’allonge sur le canapé terrassée avant de reprendre mon clavier. Mon bas-ventre est le centre de lents mouvement souterrains qui rappellent à ma gorge une remontée d’acide. Cette même chaleur, la substance qui t’entraîne à l’intérieur de toi.

Il pleut à grosses gouttes et je me raconte des histoires sur les correspondances entre mon état interne et la météo. Ça y est, le ciel a crevé, et je suis dans la phase de redescente de ce long trip qui a commencé un jour de fièvre mercredi dernier. C’est normal, Alienne, l’intensité émotionnelle n’est pas exponentielle, et il fallait bien redescendre un jour, prendre le temps de se reposer. Enlever les voilages colorés. Ça m’a rendue un peu triste. On les remettra bientôt, je sais. J’ai envie d’être dans une immense véranda et de m’allonger sur le sol pour écouter la pluie tout l’après-midi. Réveillée vers midi avec une sensation de gueule de bois, j’émerge doucement. Moins fébrile, moins pleinement joyeuse, peut-être vais-je réussir à écrire cet article que je laisse traîner depuis un mois.

J’ai vécu un long mois pendant lequel j’ai pu rêver que je ne connaîtrais plus l’angoisse : plongée dans un état, il est si facile d’oublier qu’il existe autre chose. Depuis quelques jours, l’amie fidèle est revenue, avec deux pics. Je ne maîtrise pas le flux et le reflux. Mon premier bad trip m’a pris par surprise : je ne le croyais pas possible. Le soleil me procure l’effet apaisant d’un câlin. Je n’ai pas réussi à faire de la méditation une pratique régulière. Je ne suis pas une personne persévérante. J’ai peu de discipline. En une semaine, j’ai volé trois articles en supermarché. Chaque fois a été spontanée, mais je m’interroge sur cette récurrence. Ma poésie ne dit pas toujours la vérité, mais au moins mon espoir de la vérité. I’m still not as strong on my own as I’d like to be. Je switche fréquemment en anglais dans ma tête, et parfois à l’oral. J’ai souvent peur qu’on me juge pour ça, qu’on pense que je le fais pour renvoyer quelque chose, alors que je dis simplement les mots tels qu’ils viennent. Que m’avait-elle, dit, l’été dernier ? La possibilité de trouver une sécurité, mais pas de véritable stabilité intérieure. Tout de même, il me semble qu’un équilibre externe m’aiderait à trouver son miroir interne. J’ai peur de perdre celui que j’avais trouvé et qui me convenait si bien.

J’aime chercher le petit animal sauvage qui est caché derrière la façade. Trouver mes semblables.

sans titre

Laisse-moi te donner
De mon feu follet
Fol et vagabond
Comme mes baisers
Qui dans ton cou font des bonds
Laisse-moi te donner du feu
Du feu qui enfle et qui palpite
Du feu qui accélère le rythme
D’un pauvre coeur ou d’une bite
Qui ne sait plus bien où elle est
Laisse-moi te donner du feu
Celui qui croit tard dans la nuit
Jusqu’à ce que l’aurore l’ait réduit
En cendres,
Jusqu’à la prochaine nuit
Laisse-moi te donner du feu
Celui de la braise de mes yeux
Celui pour qui tu soupires d’aise
Viens voir mon côté audacieux
Laisse-moi te donner du feu,
Celui qui nous monte à la tête
Plonge dans une confusion muette
Et laisse de côté l’intellect
Pour éclairer nos corps radieux
Laisse-moi te donner du feu
De mon feu qui mène à la transe,
Mon feu pour attiser le tien
Du feu du feu qui crée le lien
dans une danse orangée
incantation silencieuse
sur mon corps brûlant dessinée
Laisse-moi te donner du feu
Mon feu comme un secret honteux
Mon feu souvent gardé en cage
Laisse-toi voir mon côté sauvage
Que tu n’as aperçu qu’un peu
Mais dont tu soupçonnes davantage
Quand c’est te mordre que je veux
Quand c’est me battre mon enjeu
Savoir qui aura l’avantage
Laisse-moi te donner du feu
Du feu qui réchauffe ou qui brûle
Du feu pour sécher ton chagrin
Rayon d’soleil ou canicule
Un feu qui jamais ne s’éteint.

L’intensité de mes flammes n’est pas une promesse
Si, quand je donne du feu, je suis toujours sincère,
Prend garde, au sabbat des sorcières,
À ne pas te brûler les fesses